La Bolivie a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la « république arabe sahraouie démocratique » (RASD), décision formalisée à l’issue d’un entretien téléphonique entre Nasser Bourita et son homologue bolivien, Fernando Aramayo. Selon le communiqué bolivien, il s’agit d’un « réexamen souverain de sa politique étrangère », mené « en pleine conformité avec la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité », avec réaffirmation du soutien au processus politique sous les auspices de l’ONU.
La Paz indique mettre fin à tout contact officiel avec la RASD, « entité qui n’est pas reconnue comme État membre des Nations Unies ». Le communiqué souligne la volonté de « contribuer de manière constructive aux efforts internationaux visant à parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique et durable, fondée sur le compromis », en ligne avec les paramètres onusiens.
Parallèlement, la Bolivie et le Maroc ont convenu de rétablir leurs relations diplomatiques et d’engager les procédures pour l’ouverture de missions résidentes à La Paz et Rabat. Cette réorientation s’inscrit dans un contexte domestique marqué par la défaite du Mouvement vers le socialisme (MAS), formation d’Evo Morales et du président sortant Luis Arce, au profit du centriste Rodrigo Paz. Sous les gouvernements de gauche, La Paz avait maintenu un alignement avec le Front Polisario et reconnu la RASD, à l’exception d’une brève suspension en 2019. L’arrivée d’un exécutif de centre droit, à l’orientation plus pro-occidentale et moins attachée au front séparatiste, ouvre la voie à un repositionnement diplomatique durable.