Madrid accueille une séquence diplomatique jugée décisive sur le dossier du Sahara. Le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, tient ce lundi une rencontre bilatérale dans la capitale espagnole avec son homologue José Manuel Albares, avant une réunion entre ce dernier et l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara, Staffan de Mistura. Cette séquence s’inscrit dans la poursuite des consultations liées au processus onusien de règlement du différend régional autour du Sahara, avec pour objectif affiché de « promouvoir une solution politique » conforme aux références du Conseil de sécurité.
Ces consultations, inédites par leur format, ont été accueillies par l’ambassade des États-Unis à Madrid, en présence des quatre parties au conflit — le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario — ainsi que de la partie américaine et de l’envoyé onusien. Elles ont réuni des responsables à haut niveau, sous le parrainage direct de l’administration américaine et la supervision de responsables dédiés aux dossiers africains et moyen-orientaux. La réunion s’est tenue à huis clos.
Au cours de ces échanges, Nasser Bourita a présenté les grandes lignes d’une version actualisée de l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara, décrite comme « le cadre réaliste et pragmatique » du règlement. Cette mise à jour s’appuie sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité (octobre 2025), qui a affirmé que l’initiative d’autonomie « sous souveraineté marocaine » constitue « la seule base pour toute solution politique viable ». La dynamique vise un « cadre global de négociation » et un « règlement politique durable » du différend.
Selon des sources informées citées par Hespress FR, ces consultations ont abouti à une « feuille de route de Madrid 2026 » définissant la prochaine étape: un nouveau cycle de négociations à Washington avant avril, pour discuter des détails de la nouvelle offre marocaine qui sera officiellement présentée aux Nations unies, ainsi que la signature d’un accord-cadre politique entre les quatre parties. L’objectif est de conférer au processus un « caractère temporel contraignant » après des années de stagnation.
Cette accélération intervient après l’adoption de la résolution 2797. Sur instructions royales, le gouvernement marocain a lancé l’actualisation détaillée de l’initiative d’autonomie afin de présenter aux Nations unies une proposition intégrée reflétant « le consensus national autour de ce choix stratégique ». Dans un discours à la Nation, le Roi Mohammed VI a annoncé que le Maroc présenterait cette version actualisée pour qu’elle « constitue la seule base de négociation », soulignant que l’initiative d’autonomie « représente la solution réaliste et définitive au conflit ».
Le 10 novembre 2025, le Palais royal a accueilli une réunion présidée par les conseillers du Roi Taïeb Fassi Fihri, Omar Azziman et Fouad Ali El Himma, en présence des dirigeants des partis nationaux représentés au Parlement, du ministre de l’Intérieur et du ministre des Affaires étrangères. Cette réunion était consacrée à l’actualisation et à la précision de l’initiative d’autonomie « dans le cadre de la souveraineté marocaine », pour en faire une proposition « intégrée et détaillée » à présenter aux Nations unies.